La justice américaine restitue trente-six antiquités à la Syrie et le FBI trois au Liban

Par Dominique Remy Granger

La justice de l’Etat de New York mène depuis 2017 une énergique campagne de restitutions. L’unité de lutte contre le trafic international d’antiquités du parquet de Manhattan affirme avoir récupéré « plus de 6 400 trésors culturels, dont des livres rares, des œuvres d’art et des antiquités, d’une valeur de 495 millions de dollars » et en avoir « restitué plus de 6 200 à 40 pays ». Elle ajoute avoir fait condamner 18 personnes pour des crimes liés à ce trafic et d’en poursuivre 7 autres.

Les pièces restituées le 23 septembre à la Syrie, dont un tiers ont été saisies au Metropolitan Museum of Art, ont fait l’objet d’un trafic international illicite.

Un relief funéraire palmyrénien rendu à la Syrie par la justice new-yorkaise. Photo diffusée par le MANHATTAN DISTRICT ATTORNEY’S OFFICE

Parmi elles figure notamment un relief funéraire en pierre monumental pillé sur le site antique de Palmyre, à l’époque où l’Etat islamique contrôlait le trafic d’antiquités dans le pays. Ce relief, représentant une famille de trois enfants, ainsi que 14 mosaïques pillées dans une villa romaine de Syrie, auraient été acheminés en contrebande par Georges Lotfi, un pharmacien libanais devenu trafiquant d’antiquités.

Le pillage est un fléau qui frappe toutes les zones de conflits, et la Syrie n’y échappe pas. Des chercheurs ont pu évaluer l’ampleur des ravages sur 200 sites archéologiques syriens. Leur étude, publiée en2025, montre une progression saisissante : entre 2015 et 2025, 59 % des sites ont été pillés, contre 13 % entre 2011 et 2016.

Si les archéologues occidentaux s’accordent à dire que le pillage a été l’une des principales ressources financières de l’Etat islamique, cette analyse ne fait pas l’unanimité bien qu’elle soit parfois fort documentée. Lors du raid américain contre Abou Sayyaf, l’un des hauts dirigeants du groupe djihadiste, plusieurs reçus de transaction d’antiquités ont été saisis.

Dans le même ordre d’idée le FBI a rendu au Liban, un peu plus tôt en septembre 2026, trois fragments de sarcophages en plomb de l’époque romaine, datés des IIe-IIIe siècles apr. J.-C. pillés à Tyr lors de fouilles clandestines. Bien que cette ville ait été inscrite par l’Unesco  en juillet 2026 sur la liste des patrimoines en péril, rien n’établit à ce jour que ces pièces aient été dérobées à la faveur de la guerre qui sévit dans la région.

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