À L’origine

L’Association pour le Soutien aux Travaux de Recherche Engagés sur les Spoliations (ASTRES), fondée par Dominique Schnapper et Marcel Wormser, est arrivée à son heure le 3 avril 2019 au terme de développements privés et publics inattendus.

A l’origine, soixante-quinze ans après la déclaration minutieuse, par Madame Béatrice Bretty, compagne de Georges Mandel, des biens pillés en août 1940 dans l’appartement qu’elle partageait avec Georges Mandel au 67 Avenue Victor Hugo à Paris

  • l’intérêt porté par la Société des Amis de Georges Clemenceau (venant aux droits de la Société des Amis de Georges Mandel) aux intérêts de Madame Mercedes Estrada Rothschild, unique descendante en ligne directe de Georges Mandel.
  • l’avis donné par Emmanuelle Polack que des biens revenant à Mercedes se trouvaient en main gouvernementale française et allemande.

D’où une rencontre, le 23 février 2017, au Cabinet de Madame Audrey Azoulay, ministre de la Culture, pour évoquer la succession de Georges Mandel et dénoncer « le scandale des MNR et autres biens culturels » se trouvant en mains publiques sans que la provenance n’en soit ni établie, ni recherchée activement. Tenue sous la présidence de Monsieur David Zivie en présence des représentants des musées nationaux, de ceux des ayants droit Mandel et Gimpel, ces derniers conseillés par Corinne Hershkovitch.

Cette réunion fut source d’un double mouvement :

  • public lorsque Madame Audrey Azoulay, à la veille de quitter son poste, commanda à Monsieur David Zivie un rapport sur les MNR à établir dans les six mois,
  • privé lorsque le président de la Société des Amis de Georges Clemenceau entreprit avec Madame Schnapper de susciter des réflexions qui eurent lieu au Collège de France sous la présidence de Madame Bénédicte Savoy.

De ces derniers travaux auxquels participèrent de nombreux « sachants » de toute origine naquit une lettre, du 3 avril 2018, au président de la République. Celle-ci rappelait le « scandale des spoliations » et lui proposait de choisir pour y mettre fin (enfin !) entre la Mission publique proposée par le rapport du ministère de la Culture et le projet d’une organisation privée mandatée par l’Etat pour établir la provenance de l’ensemble des biens culturels spoliés se trouvant encore, depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, en mains publiques.

En juillet de la même année, le premier ministre répondit en annonçant la création, auprès du ministre de la Culture, d’une Mission spéciale en charge d’établir les provenances et de proposer les restitutions de l’ensemble des biens concernés.

Insatisfaits des moyens flagramment insuffisants mis en oeuvre par les deux ministres successivement concernés qui créèrent bien une Mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945, mais ne la financèrent pas, les membres du groupe de réflexion dit du « Collège de France » conclurent que seule une bonne concertation publique/privée était en mesure d’obtenir sans plus tarder les provenances et, par-là, la restitution aux ayants droit de tous les biens spoliés se trouvant en mains publiques.

L’objectif d’Astres est donc, aux termes de ses statuts, de « soutenir, par tous moyens, les recherches sur la détermination de la provenance des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 détenus dans les collections publiques françaises, notamment ceux répertoriés comme Musées Nationaux Récupération « MNR », et, plus généralement, conduire ses propres recherches, soutenir des demandes de restitution légitimes, sans toutefois ester en justice au nom des ayants droit ».

Les cofondateurs Dominique Schnapper et Marcel Wormser.

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