Prix Marcel Wormser

Le Prix Marcel Wormser

Astres crée le Prix Marcel Wormser afin de soutenir les travaux menés par de jeunes chercheurs sur la traçabilité des biens culturels. Il récompensera annuellement un ou deux projets en lien avec la recherche de provenance. Il pourra s’agir d’un projet de recherche de provenance ou d’un développement thématique sur le sujet. 

La création du Prix Marcel Wormser vise également à attirer l’attention du grand public et des milieux professionnels concernés (musées, archives, marchands d’art, etc.) sur l’importance de la recherche de provenance. Il est en effet essentiel de garantir la transparence et la véracité du parcours des œuvres et objets d’art pour légitimer leurs acquisitions.

La création du prix a été annoncée le 26 novembre 2022 au Sénat lors du « Colloque d’hommage à Marcel Wormser », organisé par la famille Wormser, la Banque Wormser Frères et la Société des Amis de Georges Clémenceau.

Marcel Wormser, fondateur de l’association, avait eu l’idée de créer ce prix dès les débuts d’Astres en 2019. Son décès en août 2021 a plongé sa famille dans le deuil et laissé Astres orpheline de son soutien intellectuel et de son parrainage. C’est pour honorer son engagement et sa mémoire que ce prix porte son nom.

La recherche de provenance vise à reconstituer l’histoire et la trajectoire des biens culturels depuis leur création jusqu’à leur localisation actuelle. Elle est indispensable tant dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels, que pour améliorer la sécurité des transactions sur le marché de l’art. 

La question de la provenance d’un bien culturel se pose très régulièrement dans différents domaines du droit de l’art et notamment concernant les œuvres d’art spoliées, disparues, volées, issues de fouilles illicites, colonisées, exportées illicitement. Elle est également un préalable important à toute réflexion sur les restitutions et d’une manière plus large, sur la relocalisation des biens culturels (Affaire Gentilli di Giuseppe, 1999 ; Affaire Gimpel, 2021 ; arrêt du 30 septembre 2020, la cour d’appel reconnait officiellement la pertinence d’un rapport de provenance). 

Elle constitue ainsi un moyen d’effectuer les diligences requises au moment de l’acquisition d’un bien culturel, notion présente dans la convention UNESCO de 1970 sur la lutte contre le trafic illicite, reprise dans la Convention UNIDROIT de 1995 et qui prend une grande importance sur le marché de l’art international. 

Marcel Wormser

La recherche de provenance est née en premier lieu du traitement nécessaire des spoliations survenues pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Faute de mise en œuvre d’un véritable programme de recherche de provenance, les propriétaires de plus de 2000 tableaux retrouvés en Allemagne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et répertoriés aujourd’hui Musées Nationaux Récupération, « MNR », n’ont toujours pas été identifiés. Et, malgré l’engagement pris lors de la conférence de Washington en décembre 1998, la France ne s’est pas dotée des moyens indispensables à la mise en œuvre des recherches sur la provenance des œuvres inscrites sur les inventaires des collections nationales entre 1933 et 1945. 

Marcel Wormser (1929-2021) s’est intéressé aux spoliations et, indigné par la politique publique française y afférant, en a fait sa dernière grande cause. 

Marcel Wormser était un banquier engagé au service de la banque familiale et de la place. Il fût également un grand Clémenciste, dévoué à honorer et faire vivre la mémoire du Tigre. Il a été le président de la Société des Amis de Georges Clémenceau pendant des années. 

C’est au sein de cette Société que Marcel Wormser a rencontré Mercedes Estrada, petite fille de Georges Mandel, qui lui a demandé de l’aider dans la recherche et la restitution d’un tableau de Thomas Couture ayant appartenu à son grand-père. À travers l’histoire de la famille Mandel et de ce tableau, Marcel Wormser a compris l’importance de la recherche de provenance et des restitutions. 

Par la suite, Marcel Wormser a été actif lors de la réforme initiée par Audrey Azoulay, ministre de la Culture, et lors des réflexions préliminaires à la rédaction du rapport confié à David Zivie par la ministre Françoise Nyssen afin de mettre en œuvre une réforme destinée à corriger les dysfonctionnements. Il a constitué avec Bénédicte Savoy un groupe de réflexion informel sur la spoliation du patrimoine artistique des familles juives en France, qui s’est tenu au Collège de France. 

En 2019, Marcel Wormser créé l’association Astres avec Dominique Schnapper et demande à Me Corinne Hershkovitch d’en prendre la présidence. Force de proposition, il a rapidement suggéré aux membres de l’association de créer un prix pour récompenser les travaux d’un chercheur de provenance. Cette idée a été accueillie avec enthousiasme et à l’unanimité mais n’avais jusqu’à aujourd’hui pas été mise en place. 

Le décès de Marcel Wormser le 4 août 2021 a plongé sa famille dans le deuil et laissé Astres orpheline de son soutien intellectuel et de son parrainage. C’est en sa mémoire, que l’association annonce la création d’un prix soutenant la recherche de provenance : le Prix Marcel Wormser. 

Informations pratiques

La première édition du Prix Marcel Wormser se tiendra en 2023. Les candidatures ouvriront dans le courant du premier trimestre et le ou les lauréats seront célébrés lors d’une cérémonie organisée en fin d’année.

Le formulaire de candidature ainsi que le règlement du Prix Marcel Wormser seront téléchargeables sur cette page.

Pour tout renseignement, veuillez-vous adresser à : prixmarcelwormser@astres.info