Une nouvelle formation en recherche de provenance en France

Par Marie Renault

Le 31 août dernier, l’ICP (Institut catholique de Paris) a inauguré, sur son site de Rouen, une formation de recherche de provenance. D’une durée de quatre semestres, auxquels s’ajouteront des stages obligatoires, le master – intitulé Histoire de l’art : provenance des œuvres – vise à former des experts des questions de spoliations, restitutions et circulations des objets culturels.

L’Histoire, le contexte contemporain, la législation imposent qu’un travail strict soit effectué sur la provenance des œuvres, qu’elles soient conservées dans des musées ou des institutions publiques, ou en circulation sur le marché de l’art national et international.

Ce programme vise à transmettre des connaissances approfondies dans ce domaine, en abordant à la fois les enjeux patrimoniaux et juridiques et les méthodes d’expertise, à travers l’étude scientifique des œuvres d’art (architecture, sculpture, objets d’art, peinture, etc.), ainsi que des contextes historiques associés.
Les étudiants acquerront également une solide compréhension du cadre légal de la préservation, de la protection et de la propriété des œuvres d’art, à travers des enseignements en droit (biens culturels, international, restitutions, etc.), ainsi que des institutions culturelles et du marché de l’art.

Un mémoire de recherche, d’environ 100 pages, traitera d’un sujet inédit choisi par l’étudiant en concertation avec son directeur, et s’appuiera sur une recherche documentaire approfondie. Il doit apporter une contribution originale à l’avancement des connaissances historiques.

La proximité de l’ICP-Rouen avec la Réunion des musées de la métropole de Rouen apporte le soutien de l’expertise et de la proximité des œuvres.

Les étudiants aborderont des sujets tels que : Contextes coloniaux et restes humains : contextes coloniaux (Asie, Amérique, Afrique et France) et études de cas, restes humains et études de cas ; Destruction, vol et spoliation : contextes européens – période post-révolutionnaire en France, le XIXe siècle en Europe et dans les Balkans, de 1933 à 1945 (biens spoliés) ; Trafics illicites : contextes archéologiques et conflits internationaux, contextes culturels et patrimoniaux en France ; Enquête, justice et restitution : les acteurs répressifs (police, douanes, justice, institutions internationales), études de cas judiciaires et jurisprudence en matière de biens culturels – entre autres.

L’équipe scientifique se compose d’enseignants-chercheurs et de spécialistes en histoire de l’art et archéologie, antique, médiévale, moderne et contemporaine, et de professionnels du secteur (conservateurs du patrimoine, commissaires priseurs, archéologues, etc.). Une fois de plus, l’association Astres est présente sur ce front : trois de ses membres éminents – Denise Vernerey, Hélène Ivanoff et Marie Duflot – comptent au nombre de ces enseignants.

Cette formation ouvre aux métiers de l’art et du patrimoine, de la documentation, de la communication et de la médiation culturelle. En poursuivant avec un doctorat, les étudiants pourront également s’orienter vers une carrière de chercheur ou d’enseignant-chercheur.

Ce nouveau cursus s’ajoute au DU de Paris-Nanterre, Recherche de provenances : circulations, spoliations, trafics illicites et restitutions, au master 2 de l’école du Louvre, Biens sensibles, recherche de provenances et enjeux internationaux.

En cette première année, le master compte 15 étudiants.

C’est avec une grande satisfaction que les instances et les individus préoccupés par cette question accueillent cette nouvelle démarche qui entend contribuer à répondre à un défi majeur : restituer les objets culturels à leurs propriétaires d’origine, dans l’éthique et la justice.

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