Les archives de Philippe Sprang entrent à l’INHA

Par Marie Duflot

Les archives du journaliste Philippe Sprang intègrent les collections de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA), les enrichissant ainsi de précieuses ressources liées à l’histoire des spoliations nazies et des recherches et revendications subséquentes.

Dans les années 1990, Philippe Sprang a été l’un des quelques journalistes à s’intéresser à la question du pillage des collections juives pendant l’Occupation. Il s’est renseigné sur l’histoire et l’ampleur des spoliations afin de documenter la dispersion des collections juives, mais il a également enquêté sur les politiques de recherche et de réparation menées après-guerre. Désappointé du manque de dynamisme en la matière, il a lui-même conduit des recherches sur les familles et leurs collections disparues, allant jusqu’à en accompagner certaines dans leurs demandes de restitution.

En 2019, Philippe Sprang a décidé de mettre un terme à sa carrière de journaliste pour s’orienter vers celle de brocanteur, mais a souhaité que ses recherches puissent être utiles à d’autres. C’est ainsi qu’il a confié ses archives à Corinne Hershkovitch en février 2022, qui m’a elle-même proposé de les étudier dans le cadre d’un mémoire de recherche.

Ce travail a fait l’objet d’un mémoire intitulé “Le traitement du fonds d’archives Philippe Sprang. Pillage des collections juives pendant l’Occupation”, sous la direction de Denise Vernerey-Laplace, docteure en histoire et civilisations (EHESS), et soutenu en 2022 (Université Paris Nanterre, DU Recherches de provenances des œuvres, promotion Rose Valland).

Les archives de Philippe Sprang fournissent une masse considérable d’informations sur la dispersion des collections juives sous l’Occupation et une photographie du paysage de la recherche des années 1990 à 2010. Elles sont composées d’une grande documentation (ouvrages, journaux, dépêches, etc.) et d’un grand nombre de documents d’archives (copies d’archives, correspondances, projets d’articles et manuscrits, etc.). Il était donc important de poursuivre le traitement de ce fonds, afin de préciser l’inventaire de son contenu et de le rendre exploitable par d’autres, en mettant en place un système de communication adéquat.

Le 3 octobre 2023, Philippe Sprang est décédé à l’âge de 63 ans. Quelques mois plus tard, en février 2024, l’INHA a pris contact avec Corinne Hershkovitch, se montrant intéressé par les archives de Philippe Sprang. À l’issue d’une consultation du fonds par le personnel scientifique de l’INHA et avec l’accord de la famille du journaliste, il a été décidé d’intégrer ce fonds aux collections patrimoniales de l’institut.

Entrées dans les collections de l’INHA en mars 2025, les archives de Philippe Sprang seront conditionnées et rendues accessibles après traitement. Cette démarche est un bel exemple de l’avenir qui peut être réservé à des archives journalistiques, importantes pour la recherche en histoire et en histoire de l’art, ainsi que pour la recherche de provenance.

Bibliothèque de Philippe Sprang, conditionnée pour le transport vers l’INHA